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Nicola Sirkis (Indochine) : "J'ai trouvé ça ignoble de rouvrir le Bataclan"

Indochine ne rejouera plus jamais au Bataclan. Dans un entretien au "Parisien", Nicola Sirkis exprime son malaise face à la ré-ouverture de le salle parisienne où 89 personnes ont été abattues lors des attentats de novembre 2015.

 

Le 12 novembre 2016, le Bataclan a rouvert ses portes au son des plus grands tubes de Sting. Il aura fallu un an pour trouver le courage et le temps de rénover la mythique salle parisienne, là où 90 personnes ont été abattues lors des attentats de novembre 2015. « Nous allons tenter de préserver sa chaleur et sa convivialité. Nous voulons maintenir l'esprit populaire et festif qui a toujours été le sien » avaient expliqué les propriétaires de l'établissement, soutenus dans leur démarche par les familles des victimes. Depuis, de nombreux artistes sont remontés sur la scène du Bataclan, de Vianney à Simple Plan en passant par Sean Paul, The Pretty Reckless et Pete Doherty. Dans les prochaines semaines, ce seront Beth Ditto, Asgeir, Fishbach ou Her qui redonneront à la salle son éclat d'antan. Mais aucune chance de voir Indochine à l'affiche. Dans une interview accordée au Parisien, à l'occasion de la sortie de l'album "13", Nicola Sirkis affirme qu'il ne rejouera « jamais » au Bataclan.

"J'ai trouvé ça abject"

Pour le leader emblématique du groupe français, ce « vendredi soir » a laissé trop de stigmates pour qu'il puisse imaginer y remettre un pied ni même « assister à un concert ». « On n'est pas beaucoup à le dire. J'ai trouvé ça ignoble de rouvrir cette salle » confie le rockeur de 58 ans. Pour lui, la salle aurait dû devenir un lieu de commémoration. « On a perdu des gens que l'on connaissait là-bas. Ceux qui sont morts ne sont pas de la poussière. Je pense qu'on aurait dû faire comme au World Trade Center à New York, une sorte de sanctuaire, un lieu de recueillement, de fraternité où la musique passerait. Mais refaire des choses comme si on faisait table rase du passé, ça me touche, je ne l'entendais pas comme ça » admet Nicola Sirkis.

Même s'il reconnaît être « illégitime » pour parler de ce sujet délicat, l'interprète de "Kimono dans l'ambulance" reconnaît s'être senti mal à l'aise par la récupération qui avait été faite de ces tragiques événements. « Quelques jours après, il y a eu un lobbying des producteurs de spectacles tous réunis en conférence de presse alors qu'ils se détestent tous. Mais là, ils étaient unis pour dire : "Il faut que l'Etat nous aide". J'ai trouvé ça abject » lâche-t-il. A bon entendeur.

www.purepeople.com ( Yohann RUELLE )